
Il y a ce moment dans l’année où l’on recommence, sans même y penser, à entourer sa tasse avec les deux mains. Le nez pique, les jours raccourcissent et soudain, boire quelque chose de chaud devient presque un programme. Bonne nouvelle : cet hiver, il y aura autre chose à mettre dans nos mugs qu’un café… même si certains noms demanderont peut-être un peu d’entraînement.
Ho-ji-cha. Voilà, vous l’avez presque. Ce thé vert japonais torréfié possède une couleur brune et des saveurs totalement différentes du matcha : noisette grillée, caramel, notes légèrement fumées… Avec du lait chaud, c’est doux, rond, presque réconfortant. Moins caféiné que son célèbre cousin vert, il commence sérieusement à lui faire de l’ombre : c’est clairement la tasse à surveiller cet hiver.
Après le vert du matcha, place au violet ! L’ube est une igname violette originaire des Philippines. En latte, elle donne une boisson veloutée, légèrement sucrée, avec des notes de vanille et de noisette, parfois associée à la noix de coco. Sa couleur spectaculaire fait évidemment beaucoup pour son succès, mais pas seulement : l’ube fait partie des saveurs émergentes qui connaissent une belle progression sur les réseaux.
Il nous arrive notamment de la vague des K-Cafés, ces cafés d’inspiration coréenne qui commencent à influencer les cartes occidentales. Du sésame noir finement moulu, du lait chaud et parfois une touche de miel ou de sucre : le résultat est gris anthracite, crémeux, avec un goût torréfié, intense et légèrement noisetté. Étrange sur le papier. Beaucoup moins dans la tasse. Le Sweet Potato Latte, doux et naturellement sucré, suit d’ailleurs le même chemin.
C’est un chai latte (thé noir, cannelle, cardamome, gingembre, clou de girofle) dans lequel on verse… un espresso pour le côté dirty. On garde la chaleur des épices, mais avec le caractère du café. Et puis vient la question qui fleurit sur les cartes : oat, almond, soya ou coconut ? Avoine pour le côté plus crémeux et légèrement sucré, amande pour une note plus légère et noisettée, soja pour laisser davantage parler les épices, coco pour une version plus ronde et exotique. À peine entré pour boire un café, vous voilà déjà devant un choix digne d’une carte de restaurant.
Elles aussi bougent. L’éternel pumpkin spice doit désormais partager la tasse avec la pomme caramélisée, le sucre brun et l’érable. La pomme-cannelle, notamment, revient très fort : plus acidulée, plus fruitée, avec ce caramel qui donne immédiatement envie de rentrer au chaud.
Le chocolat chaud, lui, n’a pas dit son dernier mot. Plus dense, plus noir, presque dessert, il se parfume de noisette, de praliné, de fleur de sel, d’épices ou même d’une pointe de piment.
Et puis il y a ceux qui n’ont absolument rien demandé aux tendances : le vin chaud, avec ses effluves d’orange, de cannelle et de girofle… et notre peket, nature ou en version flambée (violette, cannelle ou cuberdon) pour encore un peu plus de chaleur à l’intérieur.
Derrière ces noms parfois imprononçables se cachent surtout des saveurs à découvrir. Des épices, des notes grillées, de la cannelle, du caramel, de la noisette, du gingembre… Autant de parfums qui nous font voyager sans quitter l’hiver.
Parce qu’au fond, tendance ou pas, il y a quelque chose d’universel dans une boisson chaude que l’on tient entre ses mains. Sous un plaid, devant un feu qui crépite, au retour d’une balade ou entre deux chalets de Noël, quand le froid commence sérieusement à gagner la bataille… c’est tellement réconfortant !
Goûtez, découvrez, osez peut-être l’une ou l’autre nouveauté. Et si finalement votre chocolat chaud reste indétrônable Faites-vous plaisir !
N’oubliez pas : les tendances sont faites pour inspirer, pas pour vous dire ce que vous devez aimer.
Marielle Botty – STRATAG’M






