
Il y a ceux qui changent les couleurs de leur sapin chaque année. Et puis, il y a ceux qui ressortent cette vieille boule rouge un peu écaillée en se demandant, comme tous les ans, pourquoi diable ils la gardent.
La réponse est probablement simple : parce qu’elle était déjà là quand ils étaient petits. À Noël, nous avons cette drôle d’habitude de vouloir faire du neuf. Une nouvelle déco, une nouvelle nappe, de nouveaux emballages et, évidemment, de nouveaux cadeaux.
Et si, cette année, on faisait exactement l’inverse ? Si on ressortait, transformait, échangeait, transmettait ?
Pas pour décrocher la médaille du Noël parfaitement écoresponsable, mais simplement parce que certaines choses méritent une deuxième vie. Et que d’autres deviennent même plus belles avec le temps.
Bienvenue dans le Noël qui recycle tout. Même ses souvenirs.
Pour mettre un peu d’ambiance autour du sapin, testez le « voleur de cadeaux ».
Chaque invité choisit chez lui un objet en parfait état dont il ne se sert plus, et qui pourrait réellement faire plaisir à quelqu’un : un livre, un joli vase, un jeu, un foulard, une bougie jamais allumée… On emballe, on mélange et le premier joueur choisit un paquet.
Le suivant peut à son tour en ouvrir un… ou voler le cadeau ouvert par le premier joueur. Et ainsi de suite. Un même cadeau ne peut être volé que trois fois, histoire que le réveillon ne se transforme pas en règlement de comptes familial pour ce jeu de l’oie qui appartenait à grand-papa.
Et c’est là que ça devient drôle : l’objet dont vous ne saviez plus quoi faire sera peut-être celui que tout le monde tentera de voler. Comme quoi, même à Noël, tout est une question de casting. Et si vous voulez pimenter la partie, mettez-y une enveloppe de jeux à gratter empaquetée de manière à ce que personne ne puisse la deviner et voyez ce que tout le monde tente soudain de s’arracher.
Déchirer les emballages fait partie du plaisir mais contempler la montagne de papier froissé dix minutes plus tard, nettement moins.
Et si nous emballions autrement ? Un joli morceau de tissu, un ancien foulard ou même une chute de lin peuvent embellir un cadeau. Un noeud, une branche de sapin, une rondelle d’orange séchée, un bâton de cannelle… et le paquet devient presque trop joli pour être ouvert.
Vous voulez pousser le défi plus loin ? On peut même inventer le tissu de Noël familial : celui qui emballe un cadeau cette année repart avec la personne qui le reçoit et revient autour d’un autre paquet au Noël suivant.
Après quelques années, personne ne saura plus vraiment à qui il appartenait, mais il fera partie de ces jolies traditions de Noël dont on racontera l’histoire encore longtemps.
Je suis la première à avoir « sniffé toute la magie de Noël » quand j’étais petite ! Pour moi, le sapin est tellement primordial que j’en ai deux (oui ok, ce sont des faux, mais là n’est pas la question). Au milieu des jolies boules, il y a toujours cette décoration bricolée à la maternelle avec une empreinte de petit pied, beaucoup de colle et une interprétation très personnelle du renne.
Celle que vous avez ramenée d’un voyage ou celle que vous avez commandée entièrement personnalisée. Celle héritée de vos parents ou grands-parents. La déco kitsch qu’on n’achèterait probablement plus aujourd’hui mais qu’on accroche pourtant chaque année parce qu’elle a une signification pour nous.
Alors, pourquoi ne pas décider que chacun ajoute désormais une seule décoration au sapin chaque Noël ? Fabriquée, chinée, reçue ou rapportée d’un endroit qui a compté cette année-là.
Dans dix ans, les couleurs ne seront probablement plus assorties mais le sapin racontera votre famille et franchement… c’est beaucoup plus beau.
Pas évident de laisser ses enfants à une inconnue ! Alors, autant mettre toutes les chances de notre côté pour que nous passions tous une bonne soirée. Voici un mode d’emploi sympa pour bien s’organiser :
- Une fois la baby-sit’ trouvée, on l’invite à la maison pour discuter et voir si le courant passe entre nous et avec nos enfants (surtout).
- On anticipe ses sorties pour ne pas se retrouver en mode « branlebas de combat ». On lui demande de bloquer sa soirée assez tôt, des fois qu’une soirée hyper branchée lui serait proposée.
- On place le cadre rapidement : on a réellement besoin d’elle, alors on lui fait comprendre que si elle dit oui, il n’y pas l’option « oui, mais » ou « quaponey » !
- Toujours relancer sa baby-sitter par SMS ou Messenger afin d’avoir le bon canal pour discuter et confirmer sa disponibilité !
- Créer une farde MÉMO avec : les règles de la maison, les allergies de nos enfants, les numéros de téléphone en cas d’urgence et le déroulement du train-train quotidien de nos enfants (souper, heure du coucher, quantité de lait dans le bibi, rituel avant d’aller au lit, que faire s’il fait de la température…). N’ayez pas peur d’y mettre des intercalaires et toutes les infos nécessaires (le nom du doudou préféré, la chanson à fredonner s’il se met à pleurer, son dessin animé…) afin de s’y retrouver rapidement en cas d’incident.
- Prévoir 30 minutes avant pour lui faire un topo de la situation et laisser un temps d’adaptation/transition à vos enfants. (S’ils ont – de 5 ans, et qu’ils ne la connaissent pas encore, prévoyez 1 heure)
- Être bien dans le taux horaire moyen, défini avant avec elle par écrit. À savoir entre 7 € et 10 €/heure. Veuillez noter qu’après 22 heures, vous vous devrez de la raccompagner ou de lui payer un taxi.
- Si elle garde les enfants le soir, comptez-la dans le souper que vous allez préparer.
- Être explicite sur ce que vous attendez d’elle et ce qui est interdit (pour ne pas retrouver son petit copain chez vous)
- Demandez-lui de rester joignable et de vous envoyer des petits messages via internet (pour autant que vous lui ayez donné accès à votre wifi) afin de vous rassurer une fois qu’ils sont couchés.
Il y a aussi celui dont on parle moins : le cadeau raté. Celui qu’on déballe avec notre plus beau sourire alors qu’une seule pensée nous traverse : « Mais qu’est-ce que je vais faire de ça ? ». Ajoutez les jeux reçus en double, le jouet qui n’intéresse finalement pas les enfants ou le cadeau neuf qui risque de passer les trois prochaines années dans une armoire. Évidemment, vous pouvez être honnête et dire que vous allez l’échanger.
Ou, par peur de blesser, le laisser prendre gentiment la poussière au grenier. Ouuuuuuu… après les fêtes, organisez une petite chaîne de seconde chance entre potes : le “Mix & Match Christmas”. Chacun apporte les cadeaux ou objets en excellent état dont il ne se servira pas. Tout est posé sur une table et chacun peut adopter ce qui lui plaît.
Deux personnes veulent la même chose ? Tirage au sort. Personne ne veut de la lampe dauphin phosphorescente ? Elle rejoint, avec tout ce qui reste, une caisse destinée à une donnerie, une ressourcerie ou une association. On apporte. On adopte. On donne le reste.
Parce qu’un cadeau qui tombe à côté chez l’un peut tomber pile chez l’autre. Et parce que remplacer un objet inutile par un autre objet inutile, ce n’est pas vraiment recycler.
C’est juste déplacer le problème de trois maisons.
Dans Noël, il y a aussi ce qu’on ne recycle pas vraiment : les souvenirs. Prenez une jolie boîte et posez-la quelque part pendant les fêtes. Chacun y glissera un petit morceau de ce Noël : une photo, un dessin, une anecdote, le bouchon de la bouteille du réveillon, une phrase mémorable entendue à table, un souhait pour l’année qui arrive…
Puis on ferme. Et on attend un an.
Au Noël suivant, on ouvre la boîte ensemble. Il y aura probablement des « Ooooh ! », des « J’avais complètement oublié ! », des éclats de rire et, certaines années, peut-être quelques yeux qui piquent un peu.
Ensuite, on recommence. Parce qu’on passe tellement de temps à préparer Noël qu’on en oublie parfois de vivre l’instant présent. C’est une jolie manière de revivre ces moments passés ensemble et de prolonger un peu la magie.
Recycler Noël n’a pas grand-chose à voir avec le recyclage traditionnel… Ici, je vous parle de ressortir, transformer, faire circuler, transmettre et se souvenir.
L’« Upcycling Christmas », comme j’aime à l’appeler, c’est comprendre qu’un cadeau peut vivre ailleurs, qu’un morceau de tissu peut traverser les années, qu’une décoration de travers peut devenir celle à laquelle on tient le plus et qu’une simple boîte peut finir par contenir bien davantage que des bouts de papier.
Oubliez l’idée que tout doit être neuf pour être précieux. On vit dans une époque où les tendances défilent, où le neuf fait envie, où la marque peut parfois compter plus que l’histoire de l’objet. Pourtant, la transmission à ce petit supplément que l’on ne trouve pas sur une étiquette : l’émotion.
Bon, on ne vous parle pas forcément du foulard de l’arrière-grand-mamy qui sent encore le patchouli. On vous parle surtout de ce que vous pouvez créer aujourd’hui pour que, dans quelques années, un simple objet suffise à faire remonter tout un Noël. Dans quelques années, quelqu’un reconnaîtra le tissu qui emballait déjà ses cadeaux quand il était enfant, accrochera à son propre sapin cette décoration complètement bancale fabriquée à six ans ou ouvrira une boîte remplie de petits morceaux de Noël passés… et là, on pourra peut-être se dire qu’on a réussi quelque chose d’encore plus joli que l’upcycling.
On aura créé une tradition.
Marielle Botty – STRATAG’M






