
Le jeune intermittent est un modèle alimentaire qui consiste en une alternance de phases où l’on mange et de phases où l’on ne mange pas. Il existe différents types de jeune intermittent : La méthode 16/8 : on jeune 16h et on mange sur une période de 8h. La méthode 5/2 : alimentation normale 5 jours et restriction calorique 2 jours. Le jeune de 24h : se priver d’aliments pendant un jour complet plusieurs fois par semaine. Pourquoi est ce que les gens se sentent bien quand ils jeunent ? Parce qu’on est sous perfusion d’hormones de stress et les hormones de stress sont hyperglycémiantes et anti-inflammatoiresénergie + anesthésie. Mais à quel prix ?
“Je digère mal quand je mange donc je me sens mal. Je jeûne et là je me sens bien. Mais quand je remange je me sens encore plus mal donc je jeûne à nouveau.”
Mise en place d’un jeune parce que vous n’avez pas faim et que vous vous sentez bien quand vous le faites.
JEUNER = éviter, masquer les symptômes. S’ensuit une sécrétion astronomique d’hormones de stress pour produire de l’énergie. Mais en contrepartie, une production moindre des hormones sexuelles et thyroïdiennes, une diminution des sécrétions gastriques et enzymatiques et un ralentissement du transit…
Quand le corps est occupé à survivre il ne s’occupe plus du reste.
Mauvaise capacité de digestion, porosité intestinale, dysbiose, résistance à l’insuline, mitochondries dysfonctionnelles au long terme…
Les périodes de jeune intermittent créent un stress métabolique dans les cellules. En réponse à ce stress, le corps active l’autophagie, une voie centrale de recyclage cellulaire. L’autophagie serait bénéfique au maintien des cellules saines, à l’augmentation de la longévité cellulaire, à la lutte contre les maladies neurodégénératives… Nos mitochondries ont besoin de matières premières pour créer de l’énergie. Ces dernières viennent soit de l’alimentation soit du recyclage de nos tissus (autophagie). Le problème, c’est que plus elles viennent de tissus et plus nous serons sous sécrétion d’hormones de stress de manière chronique. Ce qui peut avoir diverses conséquences : inhibition de la conversion de l’hormone T4 en T3, résis- tance à l’insuline…
Le manque ou l’excès de cortisol (hormone de stress) sera toujours nocif. À tout niveau. Au sein de chaque réaction hormonale ou enzymatique.
Le problème c’est que les études mises en avant concernant le jeune intermittent sont souvent réalisées sur des souris.
Et concrètement, une souris, ça fait quoi à part manger ? A-t-on vraiment le même train de vie que ces souris de laboratoire ? Nous, les êtres humains qui devont affronter le monde réel avec son lot de stress, de virus, de bactéries… A t-on vraiment besoin d’un stress supplémentaire ?
Si le corps est déjà en situation de stress chronique et en carences nutritionnelles. Une personne stressée et carencée ne devrait pas jeûner. Il est primordial d’avoir les ressources nécessaires pour encaisser le jeûne.
Les personnes souffrant d’hypothyroïdie. Certains organes comme la thyroïde et le cerveau ont besoin de nutriments dès le matin pour fonctionner de manière optimale. Priver la thyroïde de ces nutriments diminuera la sécrétion des hormones thyroïdiennes.
Les personnes rencontrant des faiblesses digestives (mauvaises sécrétions gastriques et enzymatiques, porosité intestinale, dysbiose…). Peu de gens ont la force digestive nécessaire pour concentrer leur apport calorique total sur 2 repas. C’est pourtant ce qu’on vous conseille pour mettre votre “intestin au repos” mais vous ferez tout le contraire en le surchargeant.
Les ressources adaptatives que le jeûne engendre sont exceptionnelles mais tout ceci a un coût hormonal et nutritionnel énorme. Un coût que beaucoup de personnes ne peuvent malheureusement pas encaisser. Le jeûne sera vu comme un stress positif (hormèse) si le corps est apte à y faire face, c’est à dire qu’il possède les ressources nécessaires (hormonales et nutritionnelles) pour encaisser le jeûne.
Le jeûne sera vu comme un stress négatif si l’organisme est déjà en état de déséquilibre et en situation de stress chronique. Sécréter autant d’hormones de stress n’est pas sans conséquences. Tout notre système est amoindri pour faire des économies et souffrir le moins possible de cette situation.
Si vous tenez vraiment à jeûner, optez pour un jeûne long (ex : 5 à 7 jours) de manière épisodique pour laisser le temps au corps de récupérer et de se “reconstituer”. Mais faut-il encore avoir les ressources nécessaires (vitales, minérales, nerveuses…) pour ne pas manger pendant 5 jours et également celles pour récupérer de cette épreuve.
Un sujet sur lequel je pense qu’il serait inté- ressant de se pencher consiste en les purges intestinales. Par exemple, la purge à l’huile de ricin est une manière de détoxifier l’organisme de manière profonde.
Bien se nourrir devrait passer avant l’hormèse.
Nourrissez votre corps, vos cellules, donnez-lui ce qu’il y a de meilleur.
Par AMANDINE DRAUX – DIÉTÉTICIENNE FONCTIONNELLE – MICRONUTRITION – DIÉTÉTICIENNE DU SPORT






